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Le Banc de l'École

  • @ECzerczuk

Spectacle en hommage à Tadeusz Kantor

Maire-Claire Calmus, Émancipation, 20 juin 2015

Le principe de la mise en scène est le même [que celui du Cri d'Yvonne] : pratiquement pas de mots, sinon ceux de formules répétitives émises par un personnage et repris par les autres.

Les costumes sont essentiellement noirs, avec la tache de quelques fleurs énormes soulignant par leur exubérance la détresse de l'ensemble.

Le jeu des comédiens danseurs est celui de marionnettes fragiles, glissant magiquement sur le plateau en une précipitation de pas invisibles.

C'est de la mort qu'il s'agit. Dans le décor minimaliste d'une salle de classe dont le maître est figé à son bureau sur le devant de la scène, se contentant de faire de temps à autre le tour rapide et circonspect de sa classe, avec la même démarche d'automate.

Une plongée tragique dans l'enfance ; puis, à la faveur d'un débarquement de la troupe avec diverses valises qui deviendront accessoires dans une séquence dansée, une sorte d'évocation de la déportation.

Le maître finira par tuer chacun de ses élèves en leur ôtant une à une les chaises où ils se tiennent, et en aidant à s'écrouler l'ultime réticent-résistant... assis dans le vide.

Nulle rémission : la mort cette fois a triomphé.

Peut-on lire dans cette fable lugubre le rappel -et la menace survivante- du fascisme ?

Ces deux spectacles sont soutenus par une très belle musique de création, celle de Mathieu Vonin, baroque ou romantique selon les phases du déroulement, et qui participe, avec l'inventivité de la chorégraphie, à notre enchantement.

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